Depuis ses débuts, pan propose aux lecteurs de cheminer à travers des œuvres doubles où écrivains et dessinateurs tentent d’inventer, dans le dialogue qui s’engage entre leurs pratiques respectives, une langue nouvelle où l’image s’écrit et les mots se dessinent. Mais nous le disions dès le numéro 3 : « pan écrit une histoire. » Nous cherchons à construire entre les œuvres que nous publions des liens, qui parfois peuvent sembler ténus – les lieux, les temps, les personnages et les tonalités varient –, mais qui existent bel et bien. Toujours, nous tournons autour d’un axe invisible, les œuvres creusent en négatif un questionnement commun qui les unit, et que jusqu’à aujourd’hui nous ne voulions pas annoncer : c’est pourquoi pan n’avait pas de titre. Quand Flore Chemin nous a présenté ses premières recherches, nous avons compris que l’ampleur de ce projet allait nous pousser à repenser l’organisation de la revue. Flore assumerait seule l’entièreté des images du nouveau numéro. Anne-Sophie Plaisant, Baptiste Mongis et Katia-Sofia Hakim viendraient poser leur voix sur des fragments de cette longue série – ils en ont livré chacun leur lecture, avec la couleur particulière de leur langue, les inflexions qui leur sont propres. Néanmoins, un fil bien visible cette fois, matérialisé par le travail de Flore, court de part et d’autre des pages de pan. Alors passons le pas, et va pour un titre : laissons-nous emmener par le soupirail, ce point de passage vers les caves et les sous-sols, là où se cache ce qu’on tait et qui, obstinément, refuse de disparaître.

pan 5 - “Par le soupirail” / Revue littéraire et dessinée
Comité éditorial : J. Fischer et J.-B. Labrune
Metteur en pages : J. Magnani
160 pages, 14 x 19 cm
Éditions Magnani
Couverture illustrée par Flore Chemin
400 exemplaires, novembre 2019
ISBN : 979.10.92058.45.1
Prix : 18 euros (commander)

Les projets de pan 5 :

Prologue, interludes et épilogue. “Par le soupirail” / images  F. Chemin.
1. Tumult. / texte A.-S. Plaisant.
2. Sable, resbaladilla / texte B. Mongis.
3. Fausses couches / texte K.-S. Hakim.
© pan, magnani
et les auteurs